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Sujets - samizo kouhei

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La taverne des joueurs / Far Cry 3 (Multi)
« le: décembre 13, 2012, 10:33:20 am »
Je n'ai pas vu le sujet. Si c'est un doublon, merci de le supprimer.

Far Cry 3 est un FPS en monde ouvert, un monde assez vaste et bourré d'objets à ramasser (reliques, cartes mémoires, lettres de soldats japonais de la 2ème Guerre mondiale). Les activités annexes sont nombreuses mais assez répétitives : escalade de tours radio à libérer (comme dans Assassin's Creed), conquête de camps et chasse. Il faudra en effet chasser les nombreux animaux de l'archipel pour créer des sacs plus gros, afin de ramasser plus de butin (peaux, plantes pour faire ses seringues, butin des ennemis). Au fur et à mesure de la conquête du territoire, de nouvelles quêtes secondaires apparaissent (chasse, courses, ...). C'est un sentiment de fun permanent qui émane du jeu : les gunfights sont nerveux et ne laissent presque aucune place aux couvertures, les armes destructrices, les ennemis tombent comme des mouches et on peut à près faire n'importe quoi : tout faire exploser, conduire des jeeps comme un malade, faire du deltaplane (et plus tard utiliser une wingsuit). Au premier degré, un excellent divertissement dans un décor paradisiaque. Mais quand on creuse, on se rend compte de la dichotomie avec la teneur de l'histoire, extrêmement sombre.
Je n'ai pas fait les 2 autres épisodes et je me suis laissé tenter par les tests dithyrambiques. Farcry 3 est un jeu à faire, non seulement parce qu'il est défoulant au premier niveau de lecture, mais aussi parce que c'est un jeu dérangeant, qui interpelle le joueur sur ses actions. Un parti pris qui espérons-le ne le privera pas d'un succès commercial qu'il mérite dans une période "meurtrière".

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N'importe quoi général / Le topic de Batman
« le: décembre 11, 2012, 09:56:13 am »


S'il ne fallait lire qu'une histoire de Batman, the Dark Knight Returns s'impose. Un titre paru pratiquement en même temps que Watchmen et qui a redéfini le genre, tout en déclenchant la regrettable période des années 90 qui n'a retenu de ces 2 chefs d'oeuvre que la noirceur et la violence sans le recul nécessaire.

TDKR commence alors que Bruce Wayne a raccroché la cagoule depuis 10 ans. Le monde va mal. Dans ce futur dystopique (à une date non précisée, mais on doit être dans les années 2010), la Guerre Froide continue et est plus tendue que jamais (évoquant le même contexte, réel, que Watchmen), les super-héros ont été contraints de prendre leur retraite (sauf Superman, aux ordres du gouvernement) et la ville de Gotham est terrorisée par les Mutants.

C'est dans ce contexte, qu'à 55 ans révolus, Bruce Wayne reprend son rôle de Batman, pour un dernier baroud d'honneur. Face à lui, le retour de vieux ennemis, les Mutants et pire encore, une opinion publique qui ne veut plus de lui ... Plus qu'une histoire de super-héros sur le retour, c'est un commentaire sur les justiciers masqués à tous les niveaux : pour les lecteurs et dans l'univers même : l'action est entrecoupée de JT et de débats télévisés, où Miller renvoie dos à dos libéraux et conservateurs, même s'il fustige plus volontiers les bien-pensants.

L'auteur a réussi à brosser le portrait d'un Batman plus sombre et désabusé, mais qui tente de rester humain en se conformant à une seule règle : ne pas tuer. Pour le reste, tous les coups sont permis, face à des ennemis plus jeunes, plus forts. Le dessin est assez particulier (avec son Batman très massif) mais s'accorde parfaitement avec l'âpreté du récit. Une histoire maintes fois copiée et jamais égalée ... y compris par son auteur lui-même.

En effet, en 2001, Frank Miller donne une suite à l'histoire, the Dark Knight Strikes Again, et là, disons-le clairement, c'est de la merde en branches. N'approchez pas de cette horreur même avec un bâton.

2 ans après TDKR, Batman sort de sa clandestinité pour sauver le monde, dirigé par Luthor et Brainiac. Pour cela, il tente de rallier les autres héros de la défunte Ligue de Justice. Rien à sauver de cette ignominie. Le dessin de Miller est devenu abstrait (tous les personnages sont atrocement déformés), et la colorisation de Lynn Varley (pourtant la même que sur TDKR) délaisse la gamme sombre du précédent titre pour une palette psychédélique qui fait vomir les yeux et pleurer la bouche. La satire des médias est devenue extrêmement grossière (Miller n'a sans doute pas digéré l'avènement du Net) et ce n'est même plus vraiment une histoire de Batman, mais sur la Ligue de Justice (ou du moins ce qu'il en reste mentalement). Pire encore, loin d'être ce héros vieillissant et qui connaît ses failles, Batman est devenu un psychopathe sans ambages, qui est plus malin et plus fort que tout le monde, et de surcroît un fasciste empreint d'homophobie. Et les lecteurs sont supposés être du côté de Batman ... Miller a changé son histoire en cours de route, suite au 11 septembre 2001, mais rien ne dit que sans cet évènement, les choses auraient été différentes.

Depuis, Miller a complètement lâché la rampe, entre le nauséabond All Star Batman et Robin, le très droitier Holy Terror et son massacre de the Spirit au cinéma.

Dans sa version Urban, on a TDKR et l'adaptation animée de la première partie de l'histoire en Bluray / DVD.

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N'importe quoi général / Batwoman
« le: décembre 10, 2012, 09:01:15 pm »
Dernière création de sujet pour ce soir, c'est promis !  :D

Batwoman est un personnage apparu dans la maxi-série 52. On ne connaît rien d'elle à part son nom (Katherine Kane) et le fait qu'elle soit lesbienne. Batman lui-même ne semble pas en savoir beaucoup sur elle mais la laisse tranquille (en dépit de son costume très inspiré du sien) car c'est une alliée bienvenue à Gotham.

Il existait déjà une Batwoman dans les années 50-60, mais elle a été effacée de la continuité suite à Crisis on Infinite Earths. Ce n'était de toute manière pas une grande perte, car ce personnage était une sorte d'hystérique dont le seul but était de séduire (en vain) Batman. il faut dire qu'à cette époque, les comics de Batman étaient particulièrement stupides et étaient plus proches de la série kitsch des années 60 que de Batman Arkham Asylum. Signalons que ce personnage apparaît dans un épisode de l'excellente série animée Batman : L'Alliance des Héros. Il y a également eu un film "Direct to Video" issu de la 2ème série animée Batman de Bruce Timm intitulé La Mystérieuse Batwoman mais qui n'a aucun rapport avec les 2 versions des comics.



Urban s'est empressé de rééditer les premiers épisodes de Detective Comics la mettant en vedette, à peine un an après la publication initiale chez Panini (l'occasion de voir les politiques tarifaires différentes).
Dans l'arc Elegy, les auteurs nous narrent les démêlés de l'héroïne avec une secte qui veut la sacrifier pour accomplir une prophétie et accessoirement détruire Gotham. Cette secte a un nouveau chef, une femme appelée Alice et qui ne semble s'exprimer que par des citations du dyptique de Lewis Caroll (Alice au pays des Merveilles / De l'autre côté du miroir). Mais c'est aussi l'occasion de connaître enfin les origines de la rousse héroïne.

L'histoire de Greg Rucka est très bien écrite, ce qui n'a rien d'étonnant pour ce spécialiste des ambiances urbaines et des comics mettant en scène des super-héroïnes (Elektra, Wonder Woman et Batwoman donc). Mais ce qui retient surtout l'attention et attire toutes les louanges, c'est le dessin tout bonnement sublime de J.H. Williams III. L'encrage et la colorisation s'adaptent parfaitement aux ambiances (bagarres, tranches de vie, flashbacks) et les pleines pages d'action (comme celle qui figure juste avant dans cet article) tiennent plus de l'affiche que de "simples" planches de BD. Pour une fois, le dessin de la couverture et de l'intérieur est de même qualité



Dans son édition, Urban propose, outre le contenu du TPB Deluxe Elegy (que Panini avait proposée) l'arc Cutter, où Batman et Batwoman mènent leurs enquêtes distinctes en parallèle, par le biais d'une alternance chromatique. A son habitude, Urban propose également une introduction sur les personnages et les évènements.



Urban a ensuite publié les 6 premiers épisodes parus au sein de New 52 (le relaunch intégral des titres DC).
Au dessin, on retrouve JH Williams III, qui signe le scénario avec W. Haden Blackman.

Le recueil s'ouvre sur un prologue où toutes les pages (à l'exception de la première et la dernière) sont des doubles pages coupées en 2 bandes horizontales, présentant l'enquête discrète de Batman (Bruce Wayne, qui n'avait encore jamais rencontré l'héroïne) sur Batwoman : une enquête sur Kate Kane (pour confirmer qu'elle est bien Batwoman) et ses observations sur les capacités de combat à l'occasion d'un combat entre l'héroïne et le Culte secret. A la fin de ce prologue, Batman reconnaît la valeur de l'héroïne et compte rentrer contact avec elle ...

La suite de l'album met Batwoman aux prises avec des enlèvements d'enfants perpétrés par un être surnaturel (la Noyée), une agence qui tente de percer son identité, et ses démêlés personnels.

Comme dans Elégie, l'histoire, bien que sympathique, est secondaire face aux nouvelles prouesses graphiques de JH Williams. On ne parle pas seulement ici simplement de beau dessin, mais d'une colorisation et d'un encrage protéiformes, de changements de style constants et pourtant cohérents (y compris dans une seule page, entre une Batwoman sublime et des gangsters dessinés plus grossièrement) et d'un découpage hallucinant, sans cesse surprenant. Ainsi, un épisode présente en contraste une scène de sexe sous forme de photos artistiques en noir et blanc tandis qu'une scène de combat extrêmement violente a lieu en même temps. De même le prologue bénéficie de la participation d'une autre dessinatrice au style beaucoup plus doux pour les séquences "Kate Kane".


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N'importe quoi général / Fables
« le: décembre 10, 2012, 08:52:30 pm »
Dans l'univers foisonnant des comics, il n'est pas toujours question de super-héros. Des labels se sont faits une spécialité de proposer des titres matures (comprenez par là qu'il ne s'agit pas de titres "adolescents", ultra-violents et avec blondes à forte poitrine), abordant la violence, le sexe ou autres thèmes adultes dans un autre but que de flatter les bas instinct du lecteur. Parmi ces labels, l'un des plus illustres est Vertigo, qui appartient à DC, et recèle de joyaux au succès critique et commercial avérés. Parmi les titres achevés,on peut citer Sandman de Neil Gaiman, Transmetropolitan de Warren Ellis ou bien encore Y le Dernier Homme de Brian K. Vaughan. A l'heure actuelle, les titres phares sont entre autre the Unwritten (2 volumes parus chez Panini mais rien encore du côté d'Urban) et Fables, dont le tome 17 vient de sortir en France (Urban a repris la publication depuis le tome 15 et réédite en parallèle les premiers tomes en format cartonné).



Fables raconte les (més)aventures des personnages des contes de fées de notre enfance (principe étendu aux contes extra-européens et aux héros de récits tombés dans le domaine public), obligés de se réfugier dans notre monde après que leurs mondes successifs soient tombés aux mains de l'impitoyable Adversaire. Ils vivent dans un quartier de New York, et leur existence est cachée aux yeux des mortels (ou "communs"). Pour autant, l'Adversaire n'en a pas fini avec eux, et les Fables doivent se préparer à une guerre sans merci ...

Les différents épisodes, regroupés en arcs parfois entrecoupés d'épisodes uniques, relatent également les problèmes internes à la communauté des Fables, dont certains membres étaient les méchants de service dans les contes. Ainsi, le Grand Méchant Loup, qui se fait désormais appelé Bigsby et fait office de shériff de la communauté, doit enquêter sur la mort de Rose Rouge (la soeur méconnue de Blanche Neige) dans le premier arc de la série. Dès le 2ème arc, on apprend ce qu'il en est des Fables qui ne peuvent pas se faire passer pour des hommes (animaux parlants, géants, fées), rassemblés dans une Ferme, à l'écart de toute civilisation. Il faut attendre le 5ème arc pour que l'Adversaire porte le combat à New York. Depuis, l'Adversaire a été battu après une bataille de longue haleine, mais une menace bien pire encore a fait son apparition depuis.



L'appelation "Mature" n'est pas là pour faire joli : les personnages de contes sont loin de l'image édulcorée qu'on s'en fait (les contes écrits à la base étaient d'ailleurs assez glauques) mais pour autant il ne s'agit pas que d'insuffler du sexe racoleur et de la violence éxubérante. Il est question des affres de la guerre, de la lutte contre l'oppression, et des ambiguités des Fables (les méchants qui ont accepté les règles ont été amnistiés de tous leurs crimes mais ne sont pas forcément devenus recommandables pour autant). Les couvertures sont superbes (signées de James Jean puis par Joao Ruas), mais le dessin intérieur, assuré par Mark Buckingham la plupart du temps, est assez irrégulier.

La série est actuellement la meilleure vente du label Vertigo, et son univers s'est étendu au delà du titre régulier :



- Un graphic novel, intitulé 1001 nuits de Neige, qui comprend les histoires que Blanche-Neige a raconté au sultan pour éviter de mourir décapitée. Ces histoires, illustrées par divers auteurs, étoffent les backgrounds de certains personnages (et nous renseigne par exemple sur ce qui est advenu des 7 nains ...).



- Une série dérivée, Jack of Fables, consacrée au personnage de Jack, et de ses aventures après son exclusion des Fables. Elle s'est achevée aux Etats-Unis après avoir connu un crossover avec Fables (dispo en français chez Urban dans le tome 16 de Fables)



- Peter et Max, un roman qui raconte le combat inévitable entre les frères Piper (terme signifiant "joueur de flûte" si vous voyez ce que je veux dire).



Le tome 17 vient de sortir. Il s'intéresse essentiellement aux luttes de pouvoir au Conseil des Sorcières tandis que l'ennemi fourbit ses armes. Un tome à classer dans ceux de transition, toujours frustrants, mais c'est la rançon du succès.

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N'importe quoi général / Sandman
« le: décembre 10, 2012, 08:39:42 pm »
J'inaugure la nouvelle rubrique comics avec un sujet sur Sandman, à l'occasion de la sortie du premier tome de la version Deluxe chez Urban.



Dans la lignée de sa campagne de réédition des grands classiques de DC, c'est en effet un nouveau chef d'oeuvre des comics que nous propose Urban : Sandman, dans sa version Absolute, soit les 2 premiers TPB (parus en leur temps en français chez Delcourt et Panini), avec quelques bonus issus de Sandman Companions, très utiles pour l'analyse de l'oeuvre par ses auteurs.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette oeuvre monumentale, qui a été publiée aux Etats-Unis de 1989 à 1996, il net en scène Dream, alias Morphée, Sandman, ... En d'autres termes, il s'agit du Roi des Rêves et par extension de la création artistique. Rêve est un des Infinis, des représentations anthropomorphiques de concepts régissant la vie des hommes : Death, Destiny, Desire, Delirium, ... Bien plus qu'un récit horrifique (particulièrement sur les 2 premiers arcs contenus dans ce volume), le titre est une relecture de récits et de contes issus de tous âges et raconte l'évolution de Dream (qui par ses pouvoirs et son immortalité a du mal à comprendre les hommes), ses relations compliquées avec ses frères et soeurs les Infinis ... Même si on peut lire les différents arcs séparément, on se rend vite compte que tout détail, tout personnage même insignifiant de prime abord jouera un rôle dans l'intrigue, parfois des années plus tard.

Le scénariste, Neil Gaiman, est un écrivain anglais spécialisé dans le fantastique, auteur de Coraline, Stardust, et de bien autres oeuvres. Dans les comics, outre Sandman, il a oeuvre entre autres sur 1602 pour Marvel.

Dans le premier épisode, qui se déroule en 1916, Dream est arraché de son royaume et emprisonné sur Terre par un rituel d'un mage qui voulait capturer la Mort. L'emprisonnement de Dream a des conséquences désastreuses avec des gens qui ne peuvent plus dormir ou qui au contraire ne se réveillent plus. Ce n'est que 70 ans plus tard qu'il peut s'échapper. S'en suivent 6 épisodes où le Sandman part à la recherche de ses artefacts (un masque, un sac de sable et un rubis), et croise la route de Lucifer, John Constantine ou bien encore de l'Epouvantail.

L'épisode 8 marque une rupture avec l'apparition de Death, qui contre toute attente est une jeune fille enjouée.

L'arc suivant, entrecoupé de one-shots a priori insignifiants (un conte africain, les rencontres centenaires entre Dream et un homme qu'il a rendu immortel) voit le Maître des Rêves partir à la recherche de serviteurs qui sèment la pagaille sur Terre.

Il ne faut pas envisager cette oeuvre comme une BD, mais comme un "roman graphique", tant le contenu est littéraire (sans tomber dans le pompeux). Gaiman est un maître pour tisser un univers onirique aux recoins très sombres (l'épisode 6 où John Dee torture jusqu'à la mort les clients d'une cafeteria ; les récits des exactions des serial killers en séminaire). Je ne saurais que conseiller la lecture de Sandman aux gens réfractaires aux comics en temps normal, tant le titre se hisse à un autre niveau par ses exigences artistiques (même si le dessin n'est pas forcément le point fort du titre).

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